LA HARPIE

La Harpie, 2025
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Verre, verre antique, transfert sur verre, plomb, étain, acier
Technique vitrail traditionnel
120 x 80 cm
©Nicolas Brasseur
La Tresse des Araignées, Les Filles du Calvaire, Paris
La Harpie se donne à voir comme une chimère, à la lisière de l’humain et de l’animal, mi-femme, mi-oiseau. Inscrite dans un paysage embrasé, l’oeuvre en vitrail déploie une scène ardente, où le chemin de plomb redessine la vigueur du trait originel.
Celui-ci reprend l’intensité d’un croquis réalisé par l’artiste lors des grands feux de forêt ayant ravagé le sud de la France. Pour la première fois, ce dessin est intégré directement à certains fragments du vitrail, comme une mémoire inscrite dans la matière.
La figure évolue dans un état d’entre-deux : un territoire à la fois en destruction et en
persistance. Une jambe de chardon ancre le corps dans une nature blessée, tandis que l’autre témoigne d’une vitalité encore présente, résistante à l’anéantissement.
Après les incendies ou les éruptions volcaniques, la nature trouve pourtant la force de proliférer et de renaître. Cette capacité de régénération devient ici métaphore de la condition féminine : des souffrances et des injustices traversées tout au long de l’existence naît une puissance de résilience, une faculté à tenir, à se reconstruire, à s’affirmer de nouveau. La Harpie demeure volontairement ambiguë : est-elle en train de se recroqueviller sous le poids du chaos, ou amorce-t-elle son déploiement ? À l’image du phénix, elle oscille entre l’effondrement et l’essor, entre les cendres et la promesse d’une renaissance.

