LES LARMES DU CIEL

Ouroboros, 2025
Verre soufflé recyclé irisé (Lacrymatoire), tabernacle en bois, verre, etain, plomb
60 x 30 x 20 cm
© Marie Charlotte Delhomme
Les Treillis - Les Eglises - Centre dart, Chelles
Les Larmes du Ciel est une oeuvre en dialogue avec la série des Ophis. Placée à l’entrée, elle symbolise le poumon, le coeur même de l’exposition. L’idée m’est venue lors d’un séjour à la Villa Médicis à Rome, enrichie par l’étude
d’un objet étrusque découvert à la Villa de Giulia : le lacrymatoire. Ces petits flacons en verre soufflé, supposés recueillir les larmes des proches du défunt et souvent retrouvés près des tombeaux, revêtent pour moi une dimension à la fois poétique et émouvante, rappelant des flacons de parfum contenant des fluides corporels. J’ai ainsi conçu un lacrymatoire en verre recyclé dont la surface hérissée et aux aspérités multiples lui confère une beauté singulière, donnant un aspect vivant et irrégulier. Sa forme évoque à la fois des poumons et des seins, tandis que la petite goutte finale caractérise l’essence même du lacrymatoire. L’idée est que ce récipient recueille les larmes d’une femme ou de la Terre — des larmes célestes, symboles d’une pluie nourricière — afin de nourrir et engendrer une terre nouvelle, fertile, et d’ouvrir un nouveau chemin. Pour renforcer son caractère mystique, j’ai installé cette pièce dans une vieille armoire, qui rappelle un tabernacle d’église. Bien que placée en retrait, l’oeuvre, encadrée et mise en valeur par son écrin, dégage une force spirituelle, son fluide ne devant être utilisé qu’en cas de grande nécessité.
